Paroles d'anciens !

L'histoire de la JSK ainsi que les joueurs qui ont marqu leur passage

Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Jeu 11 Juin 2009 15:06

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Hrubesch
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede adenisurmer le Mar 23 Juin 2009 23:06

Mourad Karouf ancien défenseur de la JSK
“C’était grâce à Matoub que nous avons remporté la Coupe d’Afrique en Zambie”

Né le 27 décembre à Tizi-Ouzou, Mourad Karouf était un pur produit de l’école de la JSK. Il a fait toutes ses classes au club. Il a réussi à se faire un nom grâce à son sérieux et son travail. Il a été forcé de quitter le club de son cœur à l’âge de 25 ans, pour évoluer dans plusieurs autres clubs. Cette année, il est revenu par la grande porte où il assume la fonction d’entraîneur des juniors avec le club phare du Djurdjura. Il nous relate dans cet entretien son parcours et son passage avec les Canaris.

La Dépêche de Kabylie : Si on commençait par la fin, comment évaluez-vous les juniors de la JSK cette saison ?

Mourad Karouf : Je dirais que le bilan est plus que positif, étant donné qu’on a réussi à donner à l’équipe seniors cinq bons joueurs et pas des moindres. Puisque, avant la fin de la saison, Belkalem a réussi à prouver son talent en équipe fanion, et ces derniers jours, quatre autres joueurs, ont accédé au palier supérieur et qui auront leurs mots à dire la saison prochaine. Je profite de l’occasion pour rendre un vibrant hommage à tous les formateurs du club.



Donc, vous avez pris en main les juniors cette saison ?

Effectivement, j’étais à la barre technique des juniors au début de la saison écoulée. Je suis détaché par la direction de la jeunesse et des sports à la JSK, puisque j’ai eu mon poste budgétaire comme éducateur sportif à la DGS. Je vous signale aussi que depuis mon retrait comme joueur, je me suis orienté vers la formation, puisque j’ai eu mon diplôme de 1er degré et aussi celui d’éducateur sportif.



A votre avis, l’expérience ne suffit pas pour être entraîneur ?

Absolument, je vous parle en connaissance de cause, certes pour mon cas, j’ai joué pendant presque 15 ans dans le haut niveau, mais ça ne suffit pas. Au contraire, j’ai beaucoup appris des formations que j’ai faites, c’est pour cela que je dirais qu’il faut absolument en plus de l’expérience comme joueur, une formation dans le domaine. J’ai remarqué qu’il y a beaucoup de parasites dans l’environnement du football, alors laissons les connaisseurs du métier travailler



Si on revient à vos débuts dans le football ?

Comme tout jeune de mon époque, j’ai commencé à taper dans le ballon très jeune dans le quartier, mais le premier sport que j’ai pratiqué en club, c’était le handball, j’ai même joué à l’ASTO pendant six mois.

Malgré que je n’aimais trop ce sport à l’époque, mais je l’ai pratiqué à cause de mes copains de quartier, qui ont intégré les minimes de l’ASTO en section de handball, mais par la suite, quand j’ai appris qu’il y a une sélection à la JSK, je me suis présenté et j’étais pris, c’est à partir de là, que j’ai débuté ma carrière de footballeur soit en 1979.



Et vous avez fait toutes vos classes à la JSK ?

J’ai fait trois ans en minimes, deux ans en cadets et trois ans en juniors. Au début, j’étais pris par Hamid Smail, qui m’a vraiment donné une base solide en catégorie cadette. J’étais sous la houlette de Moh Younsi qui a fait lui aussi un travail énorme. En junior, l’entraîneur était Salah Yousfi qui nous a mis dans l’ambiance des seniors, d'ailleurs, c'était l'entraîneur qui m'a le plus marqué, car dans notre génération, il y avait pas mal de joueurs qui ont fait de grandes carrières. A l’image de Meftah, Hamaned, Aït Abderrahmane, Ben Kaci, donc tout cela est le résultat de la bonne formation.



Vous vous souvenez de votre premier match avec les seniors ?

Mais bien sûr, j’ai commencé à m’entraîner avec les seniors en 1987/1988, mais je n’ai intégré l’équipe fanion qu’en 1988/1989 et bien entendu, j’étais remplaçant donc je faisais rarement des apparitions. Alors, mon premier match c’était contre l’ASM d’Oran où nous avons perdu par un but à zéro.

Je peux, vous dire aussi qu’à cette époque c’était vraiment difficile d’être titulaire dès votre première saison en seniors et à mon avis c’est quelque chose de bien pour un joueur de rester sur le banc car vous apprenez beaucoup de choses. J’ai passé donc ma première année comme remplaçant ensuite avec le travail, j’ai pu décrocher un poste de titulaire et je profite de l’occasion pour remercier Amara, Adghigh et Haffaf qui m’ont beaucoup aidé dans mes débuts en seniors car j'ai gagné avec eux en maturité.



Quelle était l’ambiance qui régnait au sein du groupe à l’époque ?

C’était tout simplement une ambiance extraordinaire, on était une vraie famille, ce qui nous intéressait le plus, c’est la JSK et les couleurs du club, d’ailleurs, on aimait tellement la JSK, qu’on jouait par passion et on ne savait même pas si on a signé de contrat ou pas, il y avait la confiance entre nous, les joueurs et les dirigeants.



Vous avez passé des moments forts avec la JSK quels sont ceux qui vous sont restés en tête ?

C'était la finale retour de la Coupe d'Afrique des club champions en Zambie, je n'oublierais jamais l'apport du défunt Matoub Lounès dans cette consécration. A l'époque, la JSK vivait de grands problèmes internes entre deux clans ; après notre petite victoire en match aller par un but à zéro. On est parti en Zambie avec un moral à plat, je me souviens que Matoub a pris l'initiative de nous parler pendant la réunion que nous avons tenu une semaine avant le match ; ce sont des paroles qui sont restées gravées jusqu’à ce jour, il nous a encouragé et surtout incité à oublier tous les soucis et ne se concentrer que sur le match. D'ailleurs, quand il parlait, nous avions la chair de poule et juste après la réunion, c'était tout le monde qui a retrouvé l'envie de jouer, Dieu merci, on a réussi à remporter la coupe, et je le répète, c'était garce au défunt Matoub Lounès auquel on a dédié le sacre à l'époque.



En évoquant Matoub, racontez-nous qu’elle était sa réaction après votre départ vous et Karim Doudène à l'US Chaouia en 1995 ?

Sincèrement, il était hors de lui. Il a tout fait pour nous en empêcher, d'ailleurs le matin de notre départ, il a appelé le père de Karim pour lui dire qu'il fallait empêcher son fils de partir, ensuite, il nous a pris dans sa voiture et on a passé toute la journée ensemble pour nous faire rater notre vol qui est prévu à 14 h.

Effectivement, nous sommes rentrés à Tizi-Ouzou vers 17 h mais dans nos têtes, la JSK, c’était fini, on s'est rendu par route à Oum El-Bouagui, le soir-même et on a signé notre licence avec L'US Chaouia.



Pourquoi avez-vous quitté la JSK ?

Juste après la coupe remportée face à Aïn M’lila, le fossé commençait à se creuser entre moi et l'entraîneur, mais malgré cela, j'ai repris les entraînements avec la club mais j'ai remarqué que les choses n’allaient pas bien, alors, j’ai décidé de partir.



Ne pensez-vous pas, que l'affaire dit Karouf a influencé négativement votre carrière ?

Peut-être, mais je dirais que la presse de l'époque à trop médiatiser et même gonfler ce problème que je préfère dire “administratif”. D'ailleurs, à l'époque, ils ont fait un sondage sur les personnes les plus médiatisées de l'année, et j’étais le premier en tête avec... Ali Kafi qui était présidant du HCE, alors vous imaginez l'impact de tous ça sur le moral d'un joueur qui est en réalité innocent puisque comme je l'ai dit tout à l'heure, c'était un problème administratif.



Après votre départ de la JSK, vous avez évolué dans plusieurs clubs ?

Après mon départ, j'ai opté pour L'US Chaouia pour une saison. Il y eut ensuite l'USM Blida, Bordj Menail, Tébessa, Béjaïa, Batna et enfin Bouira où j'ai signé pour deux saisons et la dernière comme entraîneur-joueur, c'était en 2001/2002



Vous avez connu plusieurs clubs, quelle est la différence entre ces derniers et la JSK ?

On ne peut pas parler de différences car la JSK les dépasse de loin sur tous les plans, mais je dirais que la chose essentielle à la JSK c'est l'adaptation, et je trouve que c'est le club le plus adéquat pour qu'un joueur puisse évoluer à l'aise, je te parle de mon cas. Dans la plupart des clubs, on t'exploite, mais à la JSK tu t’intègres rapidement, malgré qu'a l'extérieur il y a la pression du public qui est légitime puisqu'ils sont habitués aux titres mais au sein du club, c'était comme une famille, la preuve, il y avait pas mal de joueurs qui sont venus à la JSK, et qui se sont faits des noms et même des carrières professionnelles.



Durant votre carrière qui est l’entraîneur qui vous a le plus marqué ?

En jeunes, c'était Salah Yousfi, en senior c'est incontestablement Meziane Ighil avec qui j'ai eu la chance de travailler en équipe nationale et à l'USM Blida ; en plus de sa méthode de travail, il était un grand pédagogue. Je dirais qu'il était l'un des meilleurs entraîneurs de notre époque.



Un mot pour conclure ?

Je demande à tous les acteurs de notre football de veiller sur la promotion du sport-roi dans notre pays et privilégier la formation et surtout, inculquer à nos jeunes la discipline et le travail. Quant aux supporters de la JSK, je leur souhaite de tout cœur du bonheur et de la joie et d’être toujours derrière leur club, en souhaitant que les années dorées de la JSK reviennent.
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede adenisurmer le Lun 6 Juil 2009 23:47

Kamel Aït Yahia, ancien défenseur des Canaris
“Jouer à la JSK était un honneur et une fierté pour moi”

Il a fait un brillant passage à la JSK entre 1981 et 1986. Il a défendu avec abnégation les couleurs du club de son cœur, et ce malgré qu’il ait vécu à Alger, la ville qui l’a vu naître, un certain 20 mai 1959. L’enfant d’Ath Ouarthilane n’a pas hésité à porter les couleurs de la JSK dont il se dit fier d’avoir réalisé cet exploit. Il nous parle de son passage avec le club phare du Djurdjura et les moments qu’il a vécus avec ses coéquipiers.



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La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord, quelles sont vos nouvelles ?

Kamel Naït Yahia : Actuellement, je suis au repos après avoir quitté la formation d’Akbou, et ce à trois journées de la fin du Championnat. Je n’ai pas pu continuer à cause des problèmes que vit le club, tout de même, j’avoue qu’il y a une très bonne équipe qui recèle d’excellents joueurs.



Et parmi eux, les deux nouvelles recrues de la JSK que pensez vous de ces derniers ?

J’ai passé sept mois avec Saïdi qui est milieu défensif et Akouche qui est attaquant. Je dirais que la JSK bénéficiera de ces deux espoirs de notre football. En plus de leur grande qualité technique et physique, ils sont très disciplinés et surtout, ils aiment le club donc je crois qu’avec le travail, ils vont réussir une grande carrière.



Si on revient à vos débuts dans le football ?

Comme tout jeune algérien de mon époque, j’ai commencé à taper dans le ballon très jeune dans mon quartier, à Alger. Puis, j’ai signé ma première licence avec la formation d’El-Madania en catégorie minimes à l’âge de 12 ans où j’ai fait toutes mes classes.



Comment êtes-vous venu à la JSK ?

En 1979, on a joué contre la JSK en huitième de finale de la Coupe d’Algérie, j’ai fait un grand match et c’est à partir de ce jour, que j’ai tapé dans l’œil des dirigeants du club kabyle, mais mon intégration au club s’est faite l’année d’après, soit en 1980. Je me souviens que Khalef m’a envoyé Aouis pour me faire part de l’intérêt du club pour m’enrôler. Et bien sûr, j’étais fou de joie, à cause de mon grand amour au club et aussi de sa grandeur.



En venant d’un autre club, est-ce que cela ne vous a pas empêché de vous adapter ?

Pas du tout ! J’ai trouvé un climat favorable. En plus, n’oubliez pas que je suis kabyle donc, je me suis intégré facilement dans le groupe. Je souligne, aussi qu’à l’époque, dès que tu mets les pieds à la JSK, tu te sentais chez-toi. C’est tout le monde qui te sollicite et qui t’aide ; il y avait des grands messieurs qui ont marqué en or, leurs noms dans les annales du club.



Comment avez-vous trouvé le club ?

Tout d’abord, jouer à la JSK était une fierté et un honneur pour moi. Le club représentait toute une région dont je suis originaire. En plus de l’enjeu, il y avait cette rage de vaincre. Quand on rentrait sur le terrain, on ne pensait qu’à nos supporters. Personnellement, j’ai passé les plus beaux jours de ma vie avec la JSK. On était une famille soudée. Là, il n’ y avait pas de leadership. Chacun faisait de son mieux pour l’intérêt du club. Sans oublier, bien sûr, le grand apport des deux entraîneurs, khalef et Zyvotco et bien entendu, le travail de fourmis fait par Saïd Kouba qui était un homme à tout faire à l’époque.



Vous avez passé six années avec la JSK, quelles sont les souvenirs que vous avez gardé de ce club ?

Je vous assure que j’ai gardé que de bons souvenirs. Grâce à la JSK, je me suis fait un nom, j’ai gagné des titres… J’étais reçu avec mes collègues par le président de la République. En plus de tout cela, je me souviens d’une phrase que Zyvotco m’avait dite juste avant le début du match retour de la Coupe d’Afrique, à l’époque, l’équipe avait perdu par deux à zéro en match aller. En rentrant au pays, Khalef a décidé de faire reposer les joueurs qui ont joué au match aller donc on s’est déplacé à Oran pour un match de Championnat et j’ai joué cette rencontre étant donné que, je n’ai pas participé au match aller de la Coupe d’Afrique. Ce jour-là, j’ai fait un grand match sous le regard attentif de Zyvotco. De retour à Tizi-Ouzou, alors que Khalef a voulu faire jouer le même effectif du match aller, Zyvotco est intervenu pour lui faire part de ma grande performance. Effectivement, j’étais aligné d’entrée et juste avant le match, Zyvotco m’a pris les mains et m’a dit «je te fais confiance, alors soit un homme». C’est une phrase qui est restée graver dans ma tête, Dieu merci. On a fait un grand match et on a assuré notre qualification.



Il y avait aussi votre participation en Coupe d’Afrique en 1981, alors que vous n’étiez pas qualifié

J’ai participé aux rencontres de la Coupe d’Afrique en 1981, alors que je n’avais même pas de licence africaine. J’ai joué avec la licence de Haffaf qui était blessé, il y avait aussi Bahbouh qui était suspendu et Menad non qualifié, qui ont joué avec d’autres licences.



Malgré que vous vous retrouvez bien à la JSK, vous avez fini par la quitter, quelles sont les raisons ?

Disons que j’étais forcé de le faire, au début tout marchait très bien, mais par la suite, j’avais des problèmes avec l’entraîneur qui ne me faisait pas jouer souvent. Alors, j’ai pris la décision de demander ma lettre de libération pour pouvoir évoluer ailleurs. Donc, j’ai opté pour le RC Kouba en 1986-1987 et puis, j’ai joué deux saisons avec la JSM Tiaret de 1987 à 1989 et enfin, avec l’USM Blida durant la saison 1989-1990 où j’ai arrêté complètement de jouer, et ce à cause d’une grave blessure que j’ai contracté au bras droit.



Vous avez joué contre la JSK en évoluant sous d’autres couleurs ?

Absolument, j’ai affronté la JSK à plusieurs reprises entre 1987 et 1990. Mais, je ne vous cache pas qu’à chaque fois qu’on affrontait la JSK à Tizi-Ouzou, j’avais un sentiment particulier, surtout quand je défendais les couleurs de la JSM Tiaret. Le hasard a voulu qu’on se retrouve avec cinq anciens joueurs de la JSK, à jouer contre notre ancien club. C’était un match particulier pour moi et pour tous mes camarades; à l’image de Tchipalo, Meftah, Cherfaoui et Iratni. Les supporters ont même applaudi les deux équipes, c’était quelque part, une reconnaissance pour nous, pour tout ce qu’on a donné au club.



Après votre retraite, comme joueur, avez-vous entamé une carrière d’entraîneur ?

Absolument ! Après mon retrait comme joueur, j’ai commencé la carrière d’entraîneur en 1990. A l’époque, tout international ouvre droit à un diplôme de premier degré, donc, j’entrainais plusieurs clubs, à l’image de Mechtras, Sidi Naâmane, L’ASTO et El-Madania. Après, j’ai fait le stage de deuxième degré, par la suite, je suis parti pour un nouveau challenge à Aïn Bessam où on a réussi l’accession en régionale. J’ai entrainé plusieurs clubs, comme Sidi Aïssa, Dar El-Beïda, Lakhdaria, la Montagne, la JS Bordj Menaïel et enfin, Akbou.



Vous avez fait plusieurs clubs, qu’est-ce que vous avez inculqué aux jeunes que vous avez entraînés ?

Je leur demande beaucoup de travail et surtout d’écouter, car c’est seulement le travail qui paie, mais aussi d’être disciplinés, le secret de chaque réussite réside à mon avis, dans ces valeurs et puis, je leur dit que ; malgré que vous évoluez dans un petit club, vous pouvez faire une grande carrière car, avec le travail, on arrive à concrétiser ses vœux.



Etant technicien que pensez-vous de l’équipe nationale ?

Je pense qu’il y a un bloc bien soudé, l’avantage est ce qu’on concrétiste les occasions en attaque et derrière, il y a un très bon axe défensif qui est composé de Haliche, Antar Yahia et Bougerra, et qui donne l’assurance aux autres joueurs, en plus de ça, ce sont des joueurs de cœur, je leur tire chapeau bas, sans oublier le grand travail de l’entraîneur qui a réussi à faire une osmose entre les joueurs.



Un dernier mot pour conclure ?

A chaque fois qu’on m’évoque la JSK, j’ai la chair de poule. Les moments inoubliables que j’ai passés au club, me reviennent souvent, je profite de cette occasion pour passer un message aux supporters de la JSK afin de les remercier pour leur soutien.
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Mar 14 Juil 2009 11:04

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«J’ai vu le match Algérie-Egypte»
Qui est le plus kabyle des Polonais ? Stefan Zywotko sans l’ombre d’un doute. L’ancien co-entraîneur de la JS Kabylie, aux côtés de Mahieddine Khalef, a été l’un des artisans de la domination outrancière exercée par le club kabyle sur le football algérien durant les années 1980 qui se trouvent être, de surcroît, les plus belles années du football national. Celle qu’on appelait à l’époque la JET avait cette capacité – rare de nos jours – de durer au sommet de la hiérarchie et de se renouveler après de très courtes transitions, parce qu’il y avait une notion aujourd’hui perdue : le travail. Le travail que Zywotko a imposé comme premier article de la «Constitution» du club cher à la Kabylie. Et le travail paye. La preuve ? Au terme de presque 14 ans de bons et loyaux services à la JSK, l’entraîneur polonais est reparti chez lui avec pas moins de onze titres à son palmarès. Une moyenne de presque 1 titre par saison ! Lorsqu’on sait qu’il y a des entraîneurs qui ont gagné beaucoup d’argent, mais si peu de titres en 20 ans ou plus, on comprend mieux l’envergure et la compétence de l’homme. Un homme que nous nous sommes fait un devoir d’aller voir chez lui, en Pologne, où il s’est retiré pour une retraite paisible au milieu de sa femme et de ses enfants. Pour les trentenaires et plus, qui ont vécu la période du duo magique Khalef-Zywotko, nous offrons ce moment de nostalgie où l’homme dévoile des facettes méconnues. Pour les plus jeunes, c’est l’occasion de découvrir un monument qui a contribué, par ses compétences et son abnégation, aux années de gloire qu’a connues le football algérien.
«Si je suis toujours en bonne santé, c’est parce que l’air de la Kabylie m’a fait du bien»
C’est à quelque 500 kilomètres de la capitale Varsovie, près de la mer Baltique, que réside Stefan Zywotko. Il est venu à notre rencontre au centre-ville de Szczecin (prononcez Tchetchatchine), sur les bords du fleuve Oder. Toujours droit, le regard lucide et la démarche sûre, on ne dirait pas du tout qu’il a déjà… 89 ans. «Vous êtes toujours jeune !», lui lançons-nous. «C’est parce que j’ai toujours eu l’hygiène de vie d’un sportif. Avant de montrer aux joueurs ce qu’ils doivent faire, je commence par le faire moi-même et ça continue depuis», explique-t-il non sans ajouter avec un sourire : «Et puis, si je suis toujours en bonne santé, c’est aussi parce que j’ai vécu en Kabylie et l’air des montagnes m’a fait du bien.» Même sa coiffure est la même. N’était l’âge biologique et quelques rides plus creusées, on aurait dit que c’est ce même Zywotko qui a quitté l’Algérie à l’été 1991.
«Vous êtes le premier journaliste algérien à venir me voir»
Première belle surprise, Da Stefan (il mérite bien ce titre de respect typiquement kabyle) est venu en costume-cravate. Pourtant, il ne s’agissait pas d’une cérémonie, mais, visiblement, il était tellement heureux qu’un Algérien vienne le voir, de surcroît pour lui parler de la JSK, qu’il s’est mis sur son trente-et-un. De plus, la cravate était aux couleurs de Szczecin, le club de la ville où il a fait ses premiers pas de footballeur et dont il arbore fièrement un pin. «Vous êtes le premier journaliste algérien à venir me voir ici», nous a-t-il confié non sans réprimer une grande émotion. Son fils Miczyskaw, qui l’accompagnait, était lui aussi fier de cette rencontre tant il connaît le lien particulier que son père a nourri avec l’Algérie. Il s’est libéré pour tout un après-midi afin d’accompagner son père à cette rencontre où les souvenirs et l’émotion pullulaient. Alors que nous croyions discuter avec Zywotko autour d’un café afin de ne pas trop prendre de son temps (son épouse était convalescente et il l’a laissée seule à la maison), Miczyskaw nous a invités à un déjeuner sur un bateau-restaurant, le Rosyjska, accosté dans l’Oder.
«J’ai Canal Algérie et j’ai regardé Algérie-Egypte»
Avec Stefan Zywotko, le contact est très facile. Son français est d’une fluidité plus qu’acceptable, son verbe est passionné et, deuxième belle surprise, sa mémoire est intacte. Au cours du trajet, il demande immanquablement des nouvelles de la préparation de la JSK. Nous avons cru lui apprendre quelque chose en lui disant que son ancien club est vice-champion d’Algérie, mais il nous a surpris en nous disant : «Oui, je le sais. Ils ont terminé derrière Sétif.» A-t-il donc un correspondant algérien qui lui donne des nouvelles ? «Non. Tout simplement, je capte Canal Algérie à la maison.» Ce n’est pas de la blague puisqu’il nous raconte même avoir suivi le match Algérie-Egypte. «ça, c’est l’Algérie comme je l’aime !», a-t-il commenté. Lorsque nous lui avons appris (il ne le savait pas) que les Verts ont battu la Zambie à l’extérieur, son visage a rayonné. «Là, je crois que c’est bien reparti.»
«Je présume que vous aimeriez manger du poisson, n’est-ce pas ?»
Le déjeuner a duré presque deux heures, comme pour les déjeuners d’affaires. C’est que la discussion et les souvenirs évoqués étaient tellement passionnants qu’on oubliait parfois de manger. Devant notre air dubitatif en consultant la carte, entièrement rédigée en polonais, Zywotko nous a dit : «Je sais que vous ne comprenez rien, mais je présume que vous aimeriez manger du poisson, n’est-ce pas ?» Il n’a donc pas oublié que les Algériens évitent de manger de la viande à l’étranger pour des considérations religieuses et il nous a mis à l’aise de ce côté. Cependant, il n’a pas manqué, par politesse (il sait quand même que les Algériens ne sont pas tous les mêmes), de nous proposer un verre de vin rouge. Nous avons décliné l’offre. Là, nous avons eu une nouvelle preuve du grand respect de l’homme : alors qu’ils n’y étaient pas obligés, son fils et lui ont choisi de manger du poisson et de boire du jus d’orange comme nous. Cette marque de respect et de délicatesse rehausse la dimension humaine de l’homme.
Un sanglot et des larmes à l’évocation de ses anciens joueurs
Les années de guerre, son métier d’entraîneur, l’Algérie, la JSK, les périples en Afrique, sa famille, sa vie en Pologne, tous les sujets sont passés en revue. Il n’y avait pas d’enchaînement logique. On sautait du coq à l’âne car la discussion n’était pas protocolaire. L’enregistreur était posé sur la table et les souvenirs étaient dits spontanément, comme on parlerait à un ami, comme autant de confidences d’un homme qui, même s’il était plutôt effacé durant sa période de travail en Algérie, a tant de choses à dire. Miczysklaw écoutait et souriait parfois. Il nous parlait plutôt en anglais, mais il comprenait le français pour avoir effectué quelques séjours en Algérie. A un moment, nous avons demandé à Stefan de nous faire une déclaration enregistrée à l’adresse du public algérien pour la mettre sur le site Web du Buteur. Il l’a fait avec plaisir, mais il a demandé à ajouter un message à ses anciens joueurs. C’est en citant leurs noms qu’il n’a pu contenir un sanglot. Des larmes ont perlé dans ses yeux. Il s’est ressaisi quelques instants après en buvant une gorgée d’eau citronnée. «C’est bon, c’est passé», nous a-t-il dit comme pour s’excuser.
«Restez encore un quart d’heure»
Sachant que son épouse, qui venait de se faire opérer, était seule chez elle, nous n’avons pas voulu accaparer Zywotko tout l’après-midi et nous avons donc voulu prendre congé de lui. «Vous êtes pressé ?», nous a-t-il demandé. «Non, pas du tout», avons-nous rétorqué. «Alors, restez encore un quart d’heure.» Replongé dans de beaux souvenirs, l’homme ne voulait plus en sortir. Tant de choses sont remontées à la surface le temps d’un après-midi. Il s’est même souvenu du jubilé de Ali Benlahcène «Tchipalo» en 2003 auquel il a assisté ainsi que de la visite qu’il a effectuée, dans la foulée, au siège de notre journal. Il nous a aussi parlé de son quotidien en Pologne. «Je suis un retraité, mais je ne perds pas mon temps. Actuellement, je suis plongé dans les langues. J’ai acheté une série de manuels qui permettent d’apprendre cinq langues en même temps. J’y suis plongé à fond.» Il est comme ça, l’homme, toujours à travailler, même dans sa retraite. Le travail, c’est son unique credo.
Les adieux comme au bled
Venu pour une demi-heure ou un peu plus, Stefan Zywotko est resté plus de trois heures avec nous. Sur le chemin pour nous raccompagner à l’hôtel, il nous a montré quelques monuments de la ville et aussi les quartiers qui avaient été rasés par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. «Toutes ces constructions n’existaient pas. Les Nazis avaient rasé presque toute la ville en la bombardant», nous a-t-il expliqué. Aujourd’hui, Szczecin renaît de ses cendres. Zywotko s’y sent bien au milieu de sa famille, même si l’air de l’Algérie lui manque. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il nous a quittés. Il a même tenu à descendre de voiture pour nous embrasser, comme au bled. C’est aussi après avoir marqué un moment d’arrêt, comme s’il voulait que le temps soit suspendu, qu’il est remonté dans la voiture. En nous quittant, c’est comme s’il quittait un pan de sa vie. Quatorze ans, c’est à peine le sixième de ses 89 ans, mais c’est incontestablement l’une des tranches les plus marquantes de son vécu. Cela se lisait dans ses yeux. Un dernier au revoir de la main et Da Stefan Zywotko, plutôt le plus polonais de tous les Kabyles, est allé replonger dans sa retraite.
De notre envoyé spécial en Pologne :
Farid Aït Saâda
«On m’avait refusé Panathinaïkos, je suis allé à la JSK»
Comment Stefan Zywotko est-il arrivé à la JS Kabylie ? Très peu de gens se sont sans doute posé la question et encore moins de gens connaissent la réponse. On sait que le Polonais était arrivé avec la vague des techniciens envoyés comme coopérants par les pays du bloc de l’Est, dans un contexte politique et géostratégique de guerre froide qui faisait qu’à l’époque, le monde était divisé caricaturalement en trois blocs : le bloc capitaliste de l’Ouest, formé par les grandes puissances économiques de l’Occident et conduit par les Etats-Unis sous la protection de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), le bloc communiste de l’Est, mené par l’ancienne Union soviétique et composé des pays de l’Est européen regroupés dans le Pacte de Varsovie, et les pays du tiers-monde, qui se déclaraient officiellement neutres, mais qui avaient un penchant plus ou moins déclaré pour l’un des deux blocs. L’Algérie étant, à l’époque, sous régime socialiste, il était naturel que ce soit les pays du bloc de l’Est qui la pourvoient en techniciens sportifs pour encadrer les équipes algériennes dans différentes disciplines. C’est dans ce cadre que Stefan Zywotko a débarqué en Algérie en 1977.
«Le président de Poznan voulait faire l’équipe, alors j’ai démissionné»
Tout a commencé par une… dispute. Plus même, il s’agissait d’une dispute à l’algérienne. C’était en 1977. «J’étais entraîneur d’un club de Poznan. J’avais fait accéder l’équipe de la troisième à la deuxième division, je travaillais en paix, mais voilà qu’un jour, alors qu’il ne restait qu’une journée avant la fin du championnat, le président est venu me voir et m’a dit : ‘‘Tu aligneras tels joueurs dans le prochain match.’’ C’était la première fois qu’il me faisait ça. J’ai décidé que ce serait la dernière. Depuis que j’avais commencé à m’entraîner, jamais je n’avais accepté qu’on s’immisce dans mon travail. Je lui ai dit donc que, puisque c’était comme ça, il n’avait qu’à prendre ma place sur le banc. Je suis rentré à l’hôtel, j’ai fait mes bagages et je suis rentré à Szczecin», nous a-t-il raconté. Le président s’est quand même montré bon prince, il lui a envoyé son argent chez lui. Cependant, Zywotko était dégoûté par l’incident. «Là, j’ai pris la décision d’aller travailler ailleurs.»
«Panathinaïko me voulait, mais le gouvernement avait refusé»
Ailleurs ? Pourquoi pas en Grèce ? Une offre d’emploi lui a été faite par des émissaires se disant représentants du Panathinaïkos, l’un des meilleurs clubs grecs. «J’étais intéressé par la proposition, d’autant plus qu’il s’agissait d’un club ambitieux. J’ai fait donc une demande à la Fédération polonaise de football pour avoir l’autorisation de sortie (sous le régime communiste, il fallait des autorisations de sortie pour voyager à l’étranger, ndlr). On me l’a refusée car c’était mal vu de travailler dans un pays qui n’était ni communiste ni socialiste.» Zywotko n’en démordait pas, il fallait qu’il travaille en dehors de la Pologne. Quelques jours plus tard, il est convoqué au siège de sa fédération pour se voir proposer de travailler en Algérie dans le cadre d’un échange de compétences entre les deux pays. «Je me suis dit pourquoi pas. Ce serait une bonne expérience à tenter. J’ai donné mon accord et on a préparé mes papiers.» Lorsqu’il a pris l’avion en direction d’Alger, en décembre 1977, il ne savait pas dans quel club il allait atterrir. «On m’a seulement dit que des responsables du club auquel j’ai été affecté m’attendraient à l’aéroport.»
«A la JSK, j’ai commencé avec un dictionnaire polonais- français»
A son accueil, il trouve Mohamed Moussaoui, secrétaire général de la JSK, et un autre dirigeant du club. «C’est là qu’on m’a dit que j’allais travailler à la JSK, qui venait de remporter le doublé coupe-championnat. Je me suis dit que je n’étais pas mal tombé.» Durant un mois, il était hébergé à l’hôtel du stade du 5-Juillet à Alger car, à l’époque, le stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou était en rénovation et la JSK se préparait et jouait à Alger. Les premiers jours, il se contente d’observer le travail, car il était handicapé par le fait qu’il ne connaissait ni le kabyle, ni l’arabe, ni le français. «Durant plusieurs semaines, je me présentais aux entraînements avec un dictionnaire polonais-français. Pour formuler une observation, je feuilletais pour trouver les mots adéquats. Puis, j’ai assimilé avec le temps les expressions les plus importantes et les plus usitées.»
«J’ai eu un excellent prof de français : mon chauffeur Nasser»
Il faut dire qu’il s’est trouvé un très bon professeur de français : le chauffeur qu’on lui avait affecté. «Il s’appelait Nasser et, chaque matin, il m’apprenait quelques mots. C’est vrai que j’ai assimilé la langue à force de parler avec tout le monde, mais je lui dois beaucoup, lui tout particulièrement.» Avec le temps (et les bons résultats aidant, il faut le préciser), il est adopté par les joueurs et les supporters. Il s’est trouvé dans son élément, trouvant l’environnement adéquat pour travailler. «A la JSK, les dirigeants avaient une grande qualité : ils écoutaient. Cela m’a aidé et m’a fait oublier ma mésaventure en Pologne.» Ainsi a commencé une formidable aventure de plus de 13 ans.
F. A. S.

«J’ai arrêté Baïlèche parce qu’il ne supportait pas la charge de travail»
Le premier constat qu’a établi à son arrivée Stefan Zywotko après avoir supervisé quelques séances d’entraînement était sans concession : les joueurs de la JSK étaient bons, mais ils ne travaillaient pas assez. «Je me suis dit qu’est-ce que c’est que ça ? Mais ça ne travaille pas, ici. En fait, les joueurs croyaient qu’ils travaillaient beaucoup, mais ils étaient loin des normes internationales», se souvient-il. Les normes internationales, ça le connaît puisque, à son arrivée, la Pologne était l’une des meilleures sélections en Europe avec des participations régulières aux plus grandes compétitions et un joueur d’exception, Lato (aujourd’hui président de la Fédération polonaise de football). Donc, il a décidé d’y remédier en mettant au point un programme de mise à niveau. «Certains joueurs ne voulaient pas suivre le rythme et Khalef et moi les avons écartés. D’autres ne pouvaient pas suivre la cadence et j’ai eu des difficultés avec eux.» Il citera directement un nom : Mokrane Baïlèche.
«J’avais même soupçonné en lui un début de cancer»
Celui qui avait marqué les esprits des supporters de la JSK avec sa chevelure blonde au vent, à la Johan Crujff, et ses buts décisifs en si peu d’années était dans le collimateur de Zywotko. «Il ne pouvait pas supporter la charge de travail car il avait des insuffisances au plan physique. Quand je le lui faisais remarquer, il se défendait en me disant qu’il était étudiant et qu’il voulait, à ce titre, être dispensé de certaines séances. Je lui ai dit alors de choisir entre le football et les études.» En fait, l’entraîneur polonais savait que ce n’était pas la vraie raison. «Les études sont un faux prétexte. Mourad Aït Tahar n’a-t-il pas joué à un haut niveau avec la JSK tout en suivant des études de médecine ? En vérité, Baïlèche avait un organisme fragile. D’ailleurs, il se blessait souvent. J’avais même soupçonné un début de cancer chez lui en consultant des analyses médicales. Alors, je lui ai dit qu’il fallait qu’il arrête.» En effet, Baïlèche a mis un terme à sa carrière à 27 ans suite à une grave blessure. Aujourd’hui, il exerce comme dentiste à Tizi Ouzou où il mène une vie paisible. «Je suis content de savoir qu’il travaille et qu’il est en bonne santé», a commenté Zywotko.
F. A. S.
Né en… Ukraine
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Stefan Zywotko est né en… Ukraine. En effet, il a vu le jour à Lviv, aujourd’hui ville ukrainienne qui, en 1920, était polonaise et s’appelait Lwow. C’était une ville qui avait été conquise par les Polonais durant le 17e siècle, mais après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS en a profité pour récupérer ce territoire et l’annexer sous prétexte qu’il appartenait à l’Ukraine, donc à l’Union soviétique. Après le démantèlement de l’URSS, l’Ukraine a acquis son indépendance et a conservé ce territoire, si bien que lorsque Zywotko veut aller «chez lui», il faut qu’il parte en Ukraine.
Il a fait la Seconde Guerre mondiale
Pour ceux qui ne le savent pas, Stefan Zywotko a été militaire. Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), la Pologne était occupée par les Allemands à l’ouest et par les Soviétiques à l’est. Plutôt que de s’exiler comme ont été contraints de le faire de nombreux Polonais, il a préféré résister en prenant les armes et en rejoignant le front. Il était très exposé puisqu’il était affecté près des lignes de l’occupant nazi, mais il n’a jamais été blessé. En 1946, il a été démobilisé de l’armée et s’est mis au football et à la natation.
«J’ai des diplômes en football, pas en natation !»
Stefan Zywotko détient le plus haut diplôme d’entraîneur de football délivré en Pologne, le 1er degré. Il l’a acquis en 1964. «Sitôt ma carrière de footballeur terminée en 1952, à 32 ans, j’ai passé le diplôme d’instructeur de football, le plus bas des diplômes. Il m’a fallu douze ans pour avoir le diplôme le plus élevé car, à l’époque, c’était du sérieux», insiste-t-il. Il a tenu à faire cette précision pour démentir quelques informations ayant circulé en Algérie affirmant qu’il était diplômé en… natation. «C’est tout simplement une aberration ! Croyez-vous que le gouvernement polonais m’aurait autorisé à exercer dans un club de football si j’étais diplômé en natation ? Il se trouve que j’étais nageur quand j’étais jeune et j’étais, à ce titre, moniteur de natation comme bénévole, mais mes diplômes professionnels sont dans la discipline sportive qui s’appelle football.»

Le Buteur
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede nassim01 le Mar 14 Juil 2009 12:30

Respect Monsieur :vedet: :vedet:
"La JSK est née pour être championne"
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Mer 15 Juil 2009 11:56

Zywotko évoque sa Jumbo-JET

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Zywotko, le père qui (mal)traitait ses joueurs comme ses fils
Parmi les innombrables qualités de Stefan Zywotko, celle d’avoir une bonne mémoire n’est pas des moindres. Il se souvient de chacun de ses joueurs (et ils ont été nombreux, en 14 ans), de leurs qualités, leurs défauts, leurs tics, leur évolution… «Je les considérais tous comme mes enfants et ils le savent. Il m’arrivait de les gronder, mais c’était pour leur bien. Comme un père qui est à cheval sur l’éducation de ses enfants pour qu’ils réussissent dans leur vie, je faisais leur éducation pour qu’ils réussissent dans le football», dira Dda Stefan. Le plus dur, selon lui, a été de changer les mauvaises habitudes, surtout qu’elles ont été acquises à leur jeune âge. «Je me montrais inflexible sur ce point : la discipline et le travail avant tout. Ceux qui ont eu l’intelligence d’écouter ont réussi. D’autres se sont écartés par eux-mêmes. C’est à ce titre que Mokrane Baïlèche a fini par être écarté. Dans tous les cas de figure, la JSK a continué à fonctionner.»
«Makri disait qu’il était amateur, mais je lui ai prouvé que c’était un professionnel»
A son arrivée au club en 1977, la JSK avait remporté le doublé, mais Zywotko avait senti que les joueurs vivaient de cet exploit et s’en suffisaient. «Moi, je voulais en tirer encore davantage. Je voulais qu’ils visent plus haut et qu’ils s’attaquent à l’Afrique. Je leur ai alors expliqué qu’ils devaient travailler davantage car le plus dur est de rester au sommet.» L’exemple des réticences à se plier au nouveau régime de travail a été donné par Belkacem Makri. «Lorsque j’ai dit aux joueurs que dorénavant, ils allaient s’entraîner deux fois par jour, voire trois fois, Makri a protesté en me disant : «Mais je ne suis qu’un amateur. Je ne suis pas un footballeur professionnel. J’ai un travail ailleurs.» Je l’ai pris alors en aparté et j’ai fait un calcul simple avec lui : j’ai additionné toutes les primes et indemnités qu’il touchait en tant que footballeur, que ce soit en espèces ou en nature. Le total était supérieur à ce qu’il prétendait toucher en dehors du football. Je lui ai dit : «Tu vois que c’est le football qui te fait gagner de l’argent. Donc, tu es professionnel.» Comme c’est un garçon intelligent, il a compris. Depuis, il n’a plus fait d’histoires.» D’ailleurs, Zywotko garde un très bon souvenir de lui «et même de son frère, pilote à Air Algérie, qui d’ailleurs pilotait l’avion spécial qui nous avait été affecté pour le déplacement à Lusaka en 1990 pour la finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions.»
«Baris voulait rester comme ailier droit, mais je l’ai reconverti en n°10… et il marquait»
Autre joueur qui avait voulu se révolter : Rachid Baris. Pas parce qu’il avait peur de la charge de travail, mais parce qu’on a voulu lui faire changer de poste. «Baris avait tout le temps joué comme ailier droit, mais lorsque Ali Benlahcène «Tchipalo» était arrivé chez les seniors, nous n’avions pas voulu, Khalef et moi, sacrifier l’un d’eux. J’ai alors proposé à Baris de jouer en numéro 10, c’est-à-dire en milieu offensif droit qui peut se muer en deuxième avant-centre.» C’est alors qu’il répliqua : «Quoi ? Moi, en numéro 10 ? Mais ce n’est pas mon poste ! Je n’y réussirai jamais !», avait-il protesté. «Si, tu réussiras et plus vite que tu ne le penses», lui avais-je assuré. “J’ai eu raison : lors de son premier match à son nouveau poste, il avait inscrit un but. Il en a inscrit, je crois, une dizaine durant toute la saison.» C’est grâce à cette reconversion réussie que Baris a cru en sa polyvalence et a évolué, plus tard, à tous les postes du milieu.
«Si Abdeslam est devenu milieu récupérateur, c’était pour ne pas le perdre»
Zywotko se souvient également de la reconversion de Kamel Abdeslam en milieu de terrain, alors qu’il avait commencé à la JSK comme ailier gauche. «Il était venu un moment où Kamel avait perdu de sa vitesse, car il en fallait pour être attaquant. Des éléments étaient plus performants que lui sur le flanc gauche. Je ne vous cache pas que j’ai pensé l’arrêter, mais après concertation avec Mahieddine Khalef, nous l’avons reconverti en milieu récupérateur. Le résultat a été une agréable surprise : son rendement était plus qu’appréciable. C’est vous dire que l’entraîneur a plus conscience de la manière avec laquelle ses joueurs doivent être utilisés. Ce n’est pas le rendement individuel qui doit primer, mais plutôt le rendement collectif.» Il se rappelle aussi de Rafik Abdeslam, frère de Kamel, «qui aurait pu percer à la JSK, mais qui a préféré aller faire des études à Strasbourg».
«Menad supportait la charge de travail… et voulait même plus !»
S’il y a un joueur sur lequel l’ancien entraîneur de la JSK ne tarit pas d’éloges, c’est bien Djamel Menad. «Lui, c’est une force de la nature. Non seulement il supportait la charge de travail sans problème, mais il était même volontaire pour faire un surplus de travail ! De plus, il était discipliné et appliquait les consignes. Lui, c’était un champion. Je ne suis pas étonné qu’il ait réussi sa carrière», témoigne-t-il. Il se remémore même les premières séances d’entraînement de Menad. «Avant même qu’il ne signe à la JSK, il venait s’entraîner avec nous quand nous étions à Alger. Il se donnait à fond et poursuivait même l’entraînement tout seul. Puis, quand il a signé à la JSK, je l’ai vu continuer à s’entraîner tout seul !” Je lui ai dit : «Maintenant, tu es un des nôtres. Alors, au lieu de courir tout seul, je vais te préparer un programme d’entraînement scientifique. Il l’a appliqué et il s’est vite mis à niveau par rapport à ses coéquipiers. Vraiment, c’est un joueur modèle.»
«Dommage que Djebbar avait une santé fragile !»
Arrivé à la JSK au milieu des années 80 avec de grandes ambitions, Fodhil Djebbar a donné satisfaction dans les matches où il avait participé, mais ses blessures récurrentes l’ont handicapé et Stefan Zywotko le regrette amèrement. «Voilà un joueur volontaire et appliqué. Je me rappelle bien qu’il est de Bab El Oued. Il parlait souvent de son quartier (sourire). Il était bon –sinon, on ne l’aurait pas pris-, mais à chaque fois qu’il montait en puissance, une blessure venait freiner son élan. Il avait une santé fragile et c’était bien dommage.» C’est avec plaisir qu’il l’avait revu en 2003 en Algérie lorsqu’il était venu pour le jubilé de «Tchipalo». Bien que souffrant des séquelles d’une ancienne blessure, Djebbar avait tenu à être présent au match de gala disputé au stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou. «Toujours le même. Il n’a pas changé.»
«Medane m’a dit : «Même au Portugal, je n’ai pas travaillé autant qu’avec vous ! »»
Lorsque Hakim Medane a débarqué à la JSK en 1988, il était déjà une star nationale et un international en puissance. Pourtant, il avait eu du mal à s’imposer durant les six premiers mois. «Voilà une nouvelle victime de la charge de travail que nous imposions à la JSK», reconnaît Zywotko. “Durant les premières semaines, il tirait littéralement la langue. Même si ses débuts étaient difficiles, je savais que cela lui servirait pour l’avenir. La preuve : il a bien terminé la saison –couronnée d’ailleurs d’un titre de champion- et il a fait une deuxième saison magnifique, avec également le titre de champion au bout. Ne parlons pas de la Coupe d’Afrique des clubs champions de 1990, dont il a été l’un des artisans du sacre.» Comme la reconnaissance est l’une des vertus de Medane, ce dernier n’a pas manqué de remercier Zywotko deux ans plus tard. «Après qu’il soit parti jouer au Portugal, il m’a dit : «Même ici, je ne travaille pas autant que je l’ai fait avec vous.» Cette gratitude m’est allée droit au cœur.»
«J’avais dit à Saïb : «Tu es à la JSK, pas à Tiaret ! »»
On se rappelle que le transfert de Moussa Saïb de la JSM Tiaret à la JS Kabylie, en 1989, avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Signataire d’une double licence, il avait écopé d’une suspension d’une année, mais avait bénéficié d’une grâce, après la victoire du sacre de l’Algérie durant la CAN-90. «C’est un supporter qui insistait pour le ramener à la JSK, répétant sans cesse que c’est un très bon joueur, qu’il est kabyle et qu’il voulait jouer chez nous. J’ai dit que nous ne perdions rien à le voir à l’heure. Effectivement, il était bon et avait un potentiel, mais il ne travaillait pas assez. Je lui ai alors dit : «Ici, tu es à la JSK, pas à Tiaret !” Au départ, cela l’avait vexé, mais il a eu l’intelligence d’écouter. Une année après, il a été l’un des éléments moteurs de l’équipe.» Sa réussite professionnelle en France ne l’a pas surpris. «Chez nous, il avait compris qu’il fallait suer pour percer, que le talent pur ne suffisait pas à lui seul. A Auxerre, il a retenu ce principe. Avec Guy Roux, il a sué et il a réussi. Je suis vraiment très content pour lui.»
««Tchico» était infatigable et ne lâchait rien !»
S’il y avait un jeune joueur que Stefan Zywotko voyait venir depuis la catégorie des jeunes, c’était bien Mahieddine Meftah dit «Tchico». Il gardait un œil attentif sur lui, alors qu’il était encore cadet. «Il fallait voir tout ce qu’il donnait aux entraînements et durant les matches. Vraiment infatigable !», nous confie-t-il. Même s’il a été promu senior à un jeune âge, «Tchico» avait tout le profil de l’emploi. «Il avait une bonne technique en sus d’un gabarit impressionnant. De plus, il courait beaucoup, dans le bon sens. Cependant, sa principale qualité était une détermination et une volonté à toute épreuve. C’était un gagneur. Que ce soit en match officiel ou en match amical, il ne lâchait rien ! Un vrai battant.» Il a été surpris de voir qu’il est passé à l’USMA où non seulement il a été joueur, mais il est même entraîneur.
C’est mi-amusé, mi-ému que Stefan Zywotko a ressassé tous ces souvenirs concernant quelques-uns de ses anciens joueurs. «Chacun d’eux avait sa particularité et son caractère, mais je les aime tous. Que ceux que je n’ai pas cités me pardonnent car, si je devais raconter toutes les anecdotes vécues en 14 ans, un livre ne suffirait pas», a-t-il affirmé, comme pour s’excuser. Là, ses yeux se sont embués…
De notre envoyé spécial en Pologne : Farid Aït Saâda

Des salutations pour Moussaoui et Saïd «Kopa»
Stefan Zywotko nous a demandé des nouvelles de tous ceux qu’il a connus à la JSK : les joueurs, les dirigeants, les entraîneurs et même les membres du staff. «Et Moussaoui, que devient-il ?» En apprenant que l’ancien secrétaire général du club goûte à une retraite bien méritée, il nous a demandé de lui transmettre ses salutations, ainsi qu’à Saïd «Kopa», «le vigile du club, celui qui surveillait tout et veillait à ce que tout marche comme sur des roulettes, surtout lors de nos déplacements en Afrique».
Son épouse a subi un pontage coronarien
Stefan Zywotko a eu une grande frayeur ces dernières semaines : son épouse a eu un arrêt cardiaque et a frôlé la mort. Elle a été sauvée in extremis. Récemment, elle a subi un pontage coronarien dans un hôpital situé à une centaine de kilomètres du lieu de résidence des Zywotko. «J’ai fait des aller-retour plusieurs fois pour être à son chevet», nous a-t-il confié. A présent, elle va mieux, mais elle est toujours en convalescence. Tous nos vœux de prompt rétablissement à Mme Zywotko.
Ses enfants connaissent l’Algérie
Zywotko a quatre enfants, mais l’aîné est décédé il y a quelque temps. Celui qui l’accompagnait lorsque nous l’avons rencontré est Miczyslaw, 59 ans, ingénieur en hydraulique. «C’est lui qui chapeaute le département d’eau courante dans la ville de Szczecin», nous dit le papa avec fierté. Miczyslaw est déjà venu en Algérie, notamment une fois où il avait ramené, en bateau, la voiture familiale à son père. «J’avais fait une virée à Tala Guilef et à Ghardaïa avec ma femme», se souvient-il. Il nous a dit cela en anglais, mais il comprend le français. Pour preuve, il souriait à certaines anecdotes que son père nous racontait dans la langue de Molière. Son jeune frère, Jerzy, 53 ans, avait accompagné son père lorsqu’il était venu au jubilé de «Tchipalo». Il est ingénieur agronome et comprend lui aussi un peu le français. L’unique fille de Stefan a une particularité : elle est déjà grand-mère. “Grâce à elle et à ses enfants, je suis arrière-grand-père», nous dit-il non sans fierté.
Il a parlé même à «Tchipalo»
La dernière présence en Algérie de Stefan Zywotko remonte à 2003. C’était à l’occasion du jubilé de Ali Benlahcène, plus connu sous le surnom de «Tchipalo». Ce dernier avait tenu à la présence de son ancien entraîneur à cette fête. C’est donc tout naturellement que nous avons fait à «Tchipalo» la surprise de l’appeler au téléphone, à partir de Szczecin, et de lui passer Zywotko. «Alors Ali, il paraît que tu joues toujours», lui a dit le Polonais. «Oh, juste des matches de quartiers. Je ne suis plus si jeune que ça. Je suis né en 1952», lui a répondu «Tchipalo». «En 1952, j’avais eu mon premier diplôme d’entraîneur. Donc, tu es encore jeune», lui a répondu Stefan en souriant.
Hanafi lui a appris «azul», mais il connaît aussi «aalakhir»
Si son chauffeur Nasser, comme rapporté dans notre édition d’hier, lui donnait des cours de français, Stefan Zywotko avait un autre professeur pour lui apprendre le kabyle : le soigneur de la JSK, Hanafi. «C’est lui qui m’a appris à dire «Azul fellak» et bien d’autres mots», reconnaît-il. Tout au long de notre discussion avec lui, il y a un mot algérien qu’il répétait souvent : «aalakhir». Bien sûr, vous l’avez compris, il voulait dire «bqaalakhir» et il prononçait ce mot à chaque fois qu’il parlait d’une chose qui a disparu ou de quelqu’un qui est parti.
Des supportrices de Larbaâ Nath Irathen lui ont sorti un vieil autographe
Lorsque Zywotko habitait en Algérie, il étai, au même titre que sa femme, très attaché à une famille, les Berkane qui étaient des voisins. «Ils étaient disponibles et très serviables. D’ailleurs, ils m’ont aidé dans mon intégration dans la ville de Tizi Ouzou.» A l’époque, M. Berkane l’avait emmené visiter son village, à Larbaâ Nath Irathen. Là, il avait rencontré des jeunes filles de la famille de son hôte et qui étaient, naturellement, des supportrices de la JSK. «Elles m’ont gentiment demandé de leur signer un autographe et j’ai accédé à leur demande.» Mais voilà que lors de son séjour à Tizi Ouzou à l’occasion du jubilé de «Tchipalo», il est retourné là-bas avec son ami Berkane et… il a retrouvé les mêmes jeunes filles qui, à présent, sont devenues des dames. «Savez-vous quoi ? Elles m’ont montré l’autographe que je leur avais signé ! Elles l’ont conservé. J’en ai été très touché. Elles m’ont dit alors en souriant : «Vous savez, il y a de la place pour un autre autographe.» “C’est ce que j’ai fait avec un grand plaisir.»

le buteur
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Jeu 16 Juil 2009 10:16

Zywotko révèle : «Je suis parti parce que j’ai été menacé»
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Continuez-vous à suivre le football algérien ?
Oui, bien sûr ! Je capte Canal Algérie à la maison et j’essaye de m’informer comme je peux. Par exemple, j’ai regardé le match ESS-JSK d’il y a quelques mois. J’ai eu l’occasion de découvrir un bon élément : Meftah. Est-ce le frère de «Tchico» (Mahieddine Meftah, ndlr) ?
Non, c’est son cousin.
En tout cas, il joue avec la même hargne et le même caractère ! Il joue juste. C’est cela le plus important.
Ses détracteurs disent pourtant de lui qu’il n’est pas très technique, pas très élégant…
C’est un discours que j’entends depuis que j’ai mis les pieds en Algérie. On a l’impression que beaucoup de joueurs algériens jouent avant tout pour la galerie, pour plaire, pour le spectacle. Certes, un football spectaculaire est esthétiquement beau, mais s’il n’est pas accompagné d’efficacité, à quoi bon ? Un match se gagne sur le nombre de buts inscrits contre l’adversaire, pas sur le nombre de dribbles réalisés.
Sinon, quelle appréciation faites-vous du football algérien actuel ?
Il vit la même situation que celle du football polonais : un recul net. Durant les années 70 et 80, l’Algérie et la Pologne étaient parmi les meilleures nations de football dans leurs continents respectifs. La Pologne avait même atteint les demi-finales de la Coupe du monde. Qu’en est-il à présent ? Les deux pays végètent. La cause ? Elle est la même pour les deux : il y a trop d’argent, mais pas assez de travail. Quand j’apprends qu’il y a des footballeurs en Algérie qui touchent un milliard et plus chacun pour un rendement si dérisoire, je dis que c’est honteux. Même chose ici en Pologne : les joueurs gagnent beaucoup d’argent facilement et c’est ce qui fait qu’ils n’ont pas besoin de travailler assez.
Vous pensez donc que la solution est dans le travail ?
Mais ça l’a toujours été ! Vous croyez que la sélection algérienne de 1982 est venue comme ça ? Les performances de la JSK, c’était du hasard ? Non. C’était le fruit d’un travail. Or, la vertu du travail s’est perdue à présent. Les mentalités ont changé. Donc, il faut une révolution des mentalités. Prenons le match de la JSK face à l’ESS : l’équipe a joué durant 80 minutes sur le même rythme. Il n’y a jamais eu un moment d’accélération, sauf lorsque l’équipe a été menée au score. Ce n’est pas la JSK telle que je l’ai connue.
Vous pensez donc que la situation du football algérien est catastrophique ?
Ce sont les faits qui le disent. Prenez un club comme le MCA. A l’époque, c’était notre plus grand rival. Les matches qui nous opposaient étaient attendus des mois à l’avance, car il y avait toujours du spectacle, des buts et des exploits. Eh bien, le Mouloudia qui lutte chaque année pour sa survie parmi l’élite, ce n’est pas normal ! Le MCO qui a rétrogradé, ce n’est pas normal ! Le RCK et le NAHD, deux écoles de formation historiques, qui font l’ascendeur entre la première et la deuxième division, ce n’est pas normal ! Il y a des choses insensées qui se passent dans le football algérien.
Pourtant, l’Algérie est bien partie pour se qualifier pour la Coupe du monde…
Oui, mais avec qui ? Ziani joue dans quel club algérien ?
Il a été formé en France et a joué à Marseille.
Vous voyez ! Ce n’est pas l’Algérie qui l’a produit. Voilà la situation : l’Algérie se fait former ses meilleurs joueurs ailleurs. C’est ça le drame. J’ai vu Algérie-Egypte, j’ai été séduit par la sélection algérienne, mais je n’ai reconnu personne sur le terrain. Il n’y avait aucun des joueurs que je vois parfois à travers les matches du championnat sur Canal Algérie. Donc, il y a une bonne équipe algérienne, mais le football en Algérie n’est plus performant. Pourquoi ? Parce qu’on ne travaille plus assez. Je le répèterai mille fois s’il le faut.
Vous insistez beaucoup sur le travail…
Parce que c’est la seule vraie solution. Je vous donne un exemple : pourquoi la JSK avait-elle dominé outrageusement la saison 1985-1986 au point où elle comptait 18 points d’avance à la fin du championnat ? Parce que, durant l’été 1985, nous avons pu faire une préparation complète, suivant des méthodes scientifiques. La JSK avait fait la différence dès le début du championnat en alignant neuf victoires d’affilée, parce qu’elle s’était bien préparée durant l’été. La saison d’avant et celle d’après, nous avions le même effectif, mais la JSK n’était pas aussi performante, parce que le travail de préparation avait été perturbé à cause de la Coupe du monde et des convocations en équipe nationale car, à l’époque, les équipes devaient se passer de leurs internationaux durant les stages. Cela m’avait même amené à me disputer avec le président de la FAF de l’époque, Omar Kezzal.
Racontez-nous…
Plusieurs fois, je me retrouvais avec un effectif décimé : des joueurs convoqués en équipe nationale A, d’autres chez les Espoirs ou les juniors, des blessés… Il m’arrivait de me retrouver avec cinq ou six éléments seulement. Alors, j’ai dit à Kezzal qu’il était impossible de travailler dans ces conditions et qu’il devait mettre les internationaux à la disposition du club. «Mais il faut qu’ils participent aux regroupements de préparation des sélections», m’a-t-il expliqué. «Sachez qu’à la JSK, ils seront très bien préparés», lui ai-je répondu. Il m’avait fait confiance une fois et il a vu qu’effectivement, les joueurs de la JSK se présentaient en sélection dans une très bonne condition physique. Depuis, nous avons fait la paix.
Vous avez dit que vous ne reconnaissez plus la JSK. Pourtant, elle a continué à gagner des titres après votre départ et le dernier remonte à la saison passée…
Oui, je le sais. C’était avec Moussa Saïb. Mais ce que je ne comprends pas, c’est la raison pour laquelle il a quitté le club, après avoir été champion.
Il avait déclaré qu’il trouvait que l’effectif n’était pas assez étoffé et qu’il n’était pas satisfait du recrutement effectué.
Là, je ne suis pas d’accord avec lui. Ce n’est pas les joueurs qui font une équipe, mais c’est l’entraîneur. Partir après seulement une saison et avec le titre de champion gagné de surcroît, c’est de l’aberration ! Déjà que je milite pour qu’un entraîneur reste plus de trois ans dans un même club, je ne peux pas admettre qu’il ne reste qu’une seule saison. Je lui dis : Moussa, mon fils, ce n’est pas ainsi qu’on agit. Il aurait fallu que tu restes et que tu poursuives ton travail avec l’effectif que tu as sous la main. Si chaque entraîneur devait choisir son effectif pour travailler, il y aurait plein d’entraîneurs au chômage !
Justement, comment se fait-il que vous aviez quitté la JSK en 1991, alors que vous pouviez continuer quelques années encore ? Est-ce à cause de l’âge ?
Pas du tout. J’avais 71 ans, mais je pouvais encore travailler. Or, c’était, à ce moment-là, le début des troubles en Algérie. Les étrangers étaient mal vus par les islamistes. En fait, tout a basculé pour moi le jour où j’étais allé à la poste de Tizi Ouzou pour retirer de l’argent. J’ai trouvé la poste fermée et une vingtaine de barbus qui rôdaient autour du portail. On m’a dit que ça n’allait ouvrir qu’à 11h00. Puis, certains d’entre eux me toisaient du regard, comme s’ils s’interrogeaient sur l’identité de cet étranger que j’étais. J’avais même cru qu’on allait m’agresser, tellement il y avait de l’électricité dans l’air. Heureusement pour moi, l’un des barbus m’a reconnu et a dit à ses amis : «C’est l’entraîneur de la JSK.» Mais à ce moment-là, la décision avait été prise dans ma tête : je devais rentrer en Pologne, car ma vie et celle de ma femme étaient en danger.
Non seulement vous avez été contraint de partir, mais vous l’avez fait sur une mauvaise note : une défaite en finale de la Coupe d’Algérie face à l’USM Bel-Abbès…
C’était une déception pour moi. Pourtant, nous avions fourni une prestation éclatante en demi-finale face à l’ES Sétif, mais les choses n’ont pas marché comme prévu lors de la finale. Je crois que le tournant du match a été le penalty raté. Sur le premier but de l’USMBA, Mourad Rahmouni a commis une erreur. Ce n’était pas dramatique, car ça pouvait arriver. Ce qui n’est pas normal, c’est qu’il ait insisté pour tirer le penalty que nous avions obtenu après. Je comprends qu’il veuille se racheter de son erreur, mais il n’était pas dans les meilleures conditions psychologiques pour marquer. Ce que je craignais est arrivé : il a raté le penalty. A partir de là, le moral était à plat et tout était perdu.
Qui auriez-vous voulu voir tirer le penalty ?
Quelqu’un de calme et d’adroit comme Saïb, Medane ou même Sadmi. Enfin, ce qui est fait est fait et on ne peut rien reprocher à Rahmouni. Lors de la cérémonie de remise des médailles, le président Chadli Bendjedid m’avait dit : «Qu’est-ce qu’elle a eu votre équipe ? Elle était méconnaissable.» Je lui ai répondu que, tout simplement, c’était ça le football.
C’est le fait d’être parti sur un échec que vous regrettez ?
Pas seulement ça. C’est surtout le fait de ne pas avoir remporté la Coupe d’Algérie contre Bel Abbès pour accomplir remporter le triplé. J’avais remporté le championnat avec Khalef en juin 1990, puis la Coupe d’Afrique des Clubs champions avec Fergani en novembre 1990 et j’aurais aimé remporter la Coupe d’Alger en 1991. Ce n’est pas arrivé. Dommage !

Entretien réalisé à Szczecin par
Farid Aït Saâda


Bencheikh nous a fait des misères, mais il est venu m’embrasser sur la tête»
Il n’y a pas que les supporters de la JSK qui respectent et aiment Stefan Zywotko. Même les joueurs des autres clubs algériens lui vouent un grand respect. «Je n’ai jamais eu de problème avec quiconque, ni dirigeants ni joueurs adverses. Une fois le match terminé, c’était discussions et accolades. Croyez-moi, c’était une belle époque», a-t-il insisté. Le plus grand geste de reconnaissance qu’il a vu émane de Ali Bencheikh, ancienne gloire du MC Alger. «Lui, c’était un grand joueur à son époque et il nous a fait des misères, mais lors du jubilé de «Tchipalo», il était venu me saluer en m’embrassant sur front. Je ne vous cache pas que cela m’avait très touché. Nacer Bouiche, son coéquipier, en avait fait de même.» Il n’a pas été totalement surpris par ce geste «car le fair-play, à l’époque, n’était pas un vain mot. Je doute que ce soit le cas aujourd’hui».

«Jamais un supporter adverse ne m’a manqué de respect»
Même avec les supporters adverses, les choses se sont toujours très bien passées. «Il m’arrivait de croiser des supporters dans les aéroports, surtout ceux du Mouloudia qui étaient notre principal rival à l’époque. Nous discutions de tout et de rien, mais il n’y a jamais eu, je dis bien jamais, un mot de travers ou un éclat de voix. Le respect total. C’était une autre génération, d’autres mentalités.» De plus, aucun d’eux ne s’avisait, même sur le ton de la plaisanterie, à lui demander de venir entraîneur le MCA. «Déjà, ils savaient que c’était impossible. Et puis, ils n’osaient jamais le faire parce que, justement, ils avaient trop de respect pour moi pour franchir ce cap.»

En 2003, il a reçu une proposition pour entraîner… l’USMA
La révélation est aussi insolite qu’amusante : lors de sa visite en Algérie en 2003 pour assister au jubilé de «Tchipalo», Stefan Zywotko a reçu une proposition pour entraîner… l’USMA. «C’est «Tchico» Meftah qui m’a fait l’offre. Il jouait à l’USMA et m’a dit que c’était sérieux. Je lui ai répondu qu’à 83 ans, j’avais dépassé l’âge de supporter la pression du travail», nous a-t-il affirmé. On ne sait pas si la proposition était sérieuse ou destinée uniquement à narguer la JSK, dans un contexte marqué, à l’époque, par la guerre froide entre les deux clubs et leurs deux présidents Saïd Allik et Mohand-Cherif Hannachi.

Aït Tahar a noté tous les entraînements
Mourad Aït Tahar a été un très bon footballeur en même temps qu’un brillant étudiant en médecine. Il se révèle qu’il ne prenait pas note seulement de ses cours de médecine, mais même des… cours d’entraînement de Zywotko et Khalef. «Mahieddine Meftah m’a montré des cours que je prodiguais. Je lui ai demandé de qui il les tenait. Il m’a répondu que c’est Aït Tahar qui les lui a refilés, car il les avait tous notés», explique le Polonais. Meftah fait bon usage de ces cours précieux car «il m’a dit qu’il les utilisait à l’USMA». Quand Zywotko disait que «Tchico» était un vrai professionnel et ne lâchait rien…

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Re: Paroles d'anciens !

Messagede adenisurmer le Lun 20 Juil 2009 23:38

Mouloud Iboud, ancien défenseur de la JSK
“C’est avec le “nif” que nous avions réussi nos exploits”


Né à Ait Bouyahia, chez les At Douala, le 27 février 1953, Mouloud Iboud a passé la moitié de sa vie avec le club phare du Djurdjura. Il était un exemple du courage et un vrai défenseur des couleurs de la JSK qu’il avait intégrée en 1965. Il reste un exemple de fair-play puisqu’il n’a eu qu’un seul carton jaune durant toute sa carrière. Dda L’mulud nous relate dans cet entretien son passage à la JSK.







La Dépêche de Kabylie : Vous avez intégré la JSK très jeune n’est-ce pas ?

Tout d’abord, il faut que vous sachiez que j’ai grandi à la cité des Genêts à Tizi-Ouzou, car après avoir perdu mon père qui était chahid, mon grand-père maternel nous a récupérés, pour vivre avec lui en ville, cela ne m’a pas empêché de garder toujours des contacts avec ma famille à Beni Douala. Tout de même, j’avoue que le fait de grandir en ville m’a beaucoup aidé à intégrer la JSK, très jeune, soit en 1965. A l’époque, j’avais 13 ans et j’ai signé ma première licence en benjamin avec ce club où j’ai passé pratiquement 29 ans entre joueur, entraîneur et dirigeant.

Vous souvenez-vous de votre première match en senior ?


Je crois que c’était face au Mouloudia d’Alger à Bouloghine, j’avais alors à peine 17 ans. Après avoir fait les catégories, benjamin, minime et cadet, je n’ai pas joué en juniors, j’étais promu directement en senior et je me souviens que cela s’est fait durant la saison 1970/1971.

Vous avez gagné beaucoup de titres avec la JSK : quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?


Je crois qu’il y avait trois titres qui m’ont vraiment marqué : le premier championnat, la première Coupe d’Algérie et la première Coupe d’Afrique, mais les moments qui me sont restés en tête, c’est incontestablement notre accueil, ici à Tizi Ouzou, après notre arrivée et avec nous le 1er triomphe de la Coupe d’Afrique. Je vous dirais que c’est la première fois de ma vie que j’ai vu autant de monde à Tizi Ouzou. Sans me vanter, je dirais qu’il y avait

1 million de personnes pour nous accueillir. Avant, il y avait aussi la finale de la Coupe d’Algérie qui fut aussi un moment fort, devant 80 000 spectateurs et devant le président de la République. C’était vraiment extraordinaire !

A cette époque-là, la JSK était la cible de tous vos adversaires : comment avez-vous vécu ces attaques et toute cette pression en tant que joueur ?

Si vous voulez, tous nos adversaires nous attendaient de pied ferme et le match face à la JSK est considéré, pour eux, comme un match de coupe qu’il fallait remporter à tout prix. Il y a eu même des méthodes extra-sportives, des insultes insupportables que tout le monde connaît, mais on était conscient et on gérait la situation. Tout le monde sait que la JSK était un club particulier, donc on se donnait à fond sur le terrain en défendant les couleurs du club sans relâche, on savait, aussi que tout le monde nous attendait, donc on n’avait pas droit à l’erreur. On jouait seulement au football, mais on représentait une région, on défendait une identité. Malgré les fortes individualités de certains clubs de l’époque, on s’en sortait car on jouait pour le “nif”. On était condamnés à gagner pour que l’image de marque de la Kabylie soit toujours au firmament, telle est la mission de tous les joueurs de cette époque.

Depuis 1976, vous étiez promu capitaine d’équipe, comment viviez-vous justement cette pression en tant que responsable?

Il faut que vous sachiez que je suis un enfant du club et je suis le plus ancien par rapport à mes coéquipiers de l’époque et aussi, je suis l’un des rares joueurs de la JSK qui ait vu passer trois présidents durant sa carrière : Abtouche, Kahlef et Ben Kaci. Donc, je connaissais très bien la maison. Pour ma mission, je suis le meneur, l’entraîneur sur le terrain, l’éducateur, j’étais un intermédiaire entre l’entraîneur et les joueurs, et aussi j’étais toujours à l’écoute des supporters, donc ma mission, si vous voulez, ne résidait pas seulement sur le terrain, mon rôle aussi était d’inculquer certaines valeurs aux joueurs en leur disant qu’aujourd’hui il n’y a pas que le football, il faut mettre quelque chose à cœur, il faut avoir le nif. Je me souviens même qu’en 1979, alors qu’on s’apprêtait à rentrer sur le terrain du 19 Juin à Oran, il y avait 40 000 spectateurs qui nous ont insultés. J’ai constaté qu’il y avait certains joueurs, jeunes, qui venaient de commencer, alors pour les encourager, je leur ai dit : «Ecoutez, celui qui a peur n’a qu’à rester ici, je peux les affronter seul», et Dieu merci, on a réussi à tenir en échec le MCO dans son fief malgré les conditions avec lesquelles on a joué.

La JSK a joué avec les anciennes couleurs nationales vert et rouge pour passer ensuite au Jaune et Vert, pourquoi ce changement brusque de couleurs ?

Effectivement, je suis l’un des rares joueurs de mon époque à avoir joué en vert et rouge et en suite en jaune et vert. La seule chose que je peux vous dire pour le moment, c’est que le premier match qu’on a joué avec les couleurs nationale jaune et vert était contre le Vita Club en 1981 ici même à Tizi Ouzou. D’ailleurs tout le monde était surpris par cette nouvelle tenue y compris les joueurs.

Lors de votre carrière vous avez connu beaucoup d’entraîneurs, quel est celui qui vous a le plus marqué ?

C’est Popescu, bien qu’il soit resté seulement qu’une saison. J’ai appris beaucoup de choses avec lui, je garde toujours son image de gentleman, souvent avec un costume-cravate. J’étais très impressionné par son comportement, non seulement il nous a appris à jouer au football, mais il nous a aussi inculqué une discipline dans notre comportement même en dehors du terrain ; il nous a appris comment on devrait se comporter dans un hôtel, à avoir une tenue correcte, à ne jamais jouer avec un semblant de barbe, toutes ces choses m’ont vraiment marqué. Pour moi, Popescu est un vrai éducateur.

En quelle année avez-vous cessé de jouer ?


J’ai mis fin à ma carrière de footballeur en 1984. Bien que physiquement j’étais prêt à continuer, j’ai préféré me retirer, pour deux raisons essentielles : la première, c’est que j’ai préféré céder ma place aux jeunes de l’époque qui réclamaient souvent de jouer à l’image de Adghigh et Haffaf. Et si je devais rester, je pense que je vais les bloquer ; la deuxième raison, c’est par rapport aux supporteurs, je voulais laisser ma place propre et je voulais que les gens me disent que tu es parti tôt et que tu as traîné une année de plus.

Après votre retrait comme joueur, pourquoi n’avez-vous pas entamé une carrière d’entraîneur, comme l’ont fait la plupart des anciens joueurs ?


J’étais bien parti pour faire une grande carrière d’entraîneur. Tout d’abord quand il y avait Zyvotko, j’étais indirectement capitaine d’équipe et son adjoint direct, j’étais entraîneur des espoirs pendant trois ans et je faisais parti du staff qui avait gagné le doublé en 1986. Jai été prédisposé à être un bon éducateur, en tout cas je laisse le soin aux gens d’en juger. Malheureusement, le destin et le comportement de certains ont fait que je ne sois pas de la partie. Donc, j’ai quitté la JSK en 1987 pour y revenir en 1989 comme vice-président. Par la suite, je me suis retiré après le limogeage de Fergani. Le dernier poste que j’ai occupé a été en 1993 comme président.

Quels sont les liens que vous avez avec les supporteurs ?

Nous avons de très bons rapports avec les supporteurs. Il y avait toujours le respect et surtout l’amour du club. Aujourd’hui, c’est le contraire et je pense que c’est l’argent qui a creusé le fossé entre les deux partis. Je dirais même qu’il y a des supporteurs qui ne connaissent même pas leurs joueurs contrairement à nous.

Peut-on espèrer revoir un jour Iboud à la JSK ?


La JSK est mon club. J’ai toujours dit que la JSK, m’a donné le nom. C’est grâce à elle que je suis connu. Je veux lui rendre, la pareille, mais ils ne m’ont pas donné l’occasion.

Ne pensez-vous pas que les choses ont changé depuis votre retrait ?

Les mentalités ont changé. Le milieu sportif s’est métamorphosé. Quand quelqu’un reste en dehors du milieu pendant un certain temps et qu’il revient il trouvera un autre monde qui ne parle que d’argent et de voitures. Ce n’est pas une chose facile à accepter. Par exemple, quand Khalef est revenu, il était impressionné par le comportement des joueurs, même au restaurant. A notre époque, on mangeait ensemble à table et les dirigeants étaient au petit soin. Actuellement, à la fin de l’entraînement, le joueur mange son sandwich au volant de sa voiture et encore il doit faire 100 km pour rentrer chez lui. Comment voulez-vous avoir un rendement ou une équipe disciplinée ? En toute sincérité, les joueurs d’aujourd’hui sont incontrôlables. C’est pour ça qu’on hésite à réintégrer le club, mais si l’occasion m’est donnée, j’assume et je pose mes conditions, et le meilleur exemple c’est Menad

On vous laisse le soin de conclure.


Je remercie votre journal d’avoir pensé à nous, les anciens joueurs de la JSK. Je rends un vibrant hommage à tous les dirigeants, joueurs et supporteurs de la JSK qui ne sont plus de ce monde. Je remercie également tous nos supporters qui nous ont soutenus tout au long de notre parcours.

DDK
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede adenisurmer le Lun 20 Juil 2009 23:48

IBOUD

""Je me souviens même qu’en 1979, alors qu’on s’apprêtait à rentrer sur le terrain du 19 Juin à Oran, il y avait 40 000 spectateurs qui nous ont insultés. J’ai constaté qu’il y avait certains joueurs, jeunes, qui venaient de commencer, alors pour les encourager, je leur ai dit : «Ecoutez, celui qui a peur n’a qu’à rester ici, je peux les affronter seul», et Dieu merci, on a réussi à tenir en échec le MCO dans son fief malgré les conditions avec lesquelles on a joué.
""


En rapport au discours qui prévaut aujourd'hui!!!!
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede adenisurmer le Mer 22 Juil 2009 13:43

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Tchipalo, ya din Zzah !!!l'artiste!!
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Mer 22 Juil 2009 13:51

adenisurmer a écrit:Image
Tchipalo, ya din Zzah !!!l'artiste!!

j'ai joué un match gala contre la JSK des années 70/80 (avec Tchipalo, Zeghdoud, Aouis, Meghrissi, Deridj....) je vous assure qu'ils ont le rythme de la D1 sinon plus. Circulation de balle digne des grands clubs européens ... pour le score je ne vous dirais rien .. :gene:
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede adenisurmer le Mer 22 Juil 2009 14:03

Hrubesch a écrit:
adenisurmer a écrit:Image
Tchipalo, ya din Zzah !!!l'artiste!!

j'ai joué un match gala contre la JSK des années 70/80 (avec Tchipalo, Zeghdoud, Aouis, Meghrissi, Deridj....) je vous assure qu'ils ont le rythme de la D1 sinon plus. Circulation de balle digne des grands clubs européens ... pour le score je ne vous dirais rien .. :gene:


ils se maintiennent en forme, c'est des vrais bosseurs, meme eloignés du monde foot!!
Ach hal le score@ yidir :rire: :rire: :rire:
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Mer 22 Juil 2009 14:04

adenisurmer a écrit:
Hrubesch a écrit:
adenisurmer a écrit:Image
Tchipalo, ya din Zzah !!!l'artiste!!

j'ai joué un match gala contre la JSK des années 70/80 (avec Tchipalo, Zeghdoud, Aouis, Meghrissi, Deridj....) je vous assure qu'ils ont le rythme de la D1 sinon plus. Circulation de balle digne des grands clubs européens ... pour le score je ne vous dirais rien .. :gene:


ils se maintiennent en forme, c'est des vrais bosseurs, meme eloignés du monde foot!!
Ach hal le score@ yidir :rire: :rire: :rire:

7-2 et j'étais le Gardien de but :gene: :gene: :gene: j'ai tenu 45' (0-0 à la mi temps) avant que ce Diable de Tchipalo n'ouvre le score dans un face à face perdu d'avance pour moi, tellement je n'ai même pas vu comment il m'a crocheté :heuh:
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Young le Mer 22 Juil 2009 14:55

Ils t'inviterons plus. :rire:
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Re: Paroles d'anciens !

Messagede Hrubesch le Mer 22 Juil 2009 14:58

Young a écrit:Ils t'inviterons plus. :rire:

Chaouchi était très content de ne pas me trouver dans les rangs de la JSK. :vedet:
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